samedi 31 mai 2014

Et si je vous racontais l’envers du décor



Pour ceux qui voudraient plus de détails, en voici un peu...

5h30 : Réveil. Madame me dit « Contraction ». C’est vrai ? C’est aujourd’hui ?

Bain pour Madame, Spasfon, Appel à la maternité…

Punaise, je ne peux pas m’empêcher de regarder son ventre.

Je suis calme. J’en étonnerais plus d’un qui me traitent de « foufou ».

S’en suivent un écoulement logique des choses : voiture, valise, maternité, accueil, monitoring. Il est bientôt là. Mon fils. 



9h30 : Avez-vous déjà marché pendant 1 heure à côté d’une femme qui contracte toutes les 3 minutes ? Elle m’a broyé le bras dis-donc.

11h : Perte des eaux. J’ai vu ça en direct live. Un jet d’eau. Toujours calme. Je me transforme en coach sportif. Il faut qu’elle souffle, qu’elle me regarde. Elle part souvent dans un autre monde. J’applique consciencieusement tout ce que nous avons appris aux cours de préparation à l’accouchement (eh oui j’ai assisté à chacun d’entre eux) : massage, ballon.

12h : Elle a droit de prendre un bain… Un bain ! Oh la, elle souffre de plus en plus, je le sens je la vois, elle a mal. Elle pense péridurale si fort que c’est écrit sur son visage. Et moi je suis toujours fasciné par son ventre : ces vagues, cette force, c’est dur comme de la pierre lorsque j’appuie dessus. 

La voilà dans le bain. Elle me dit que quelque chose arrive, oh la, déjà ? J’appelle la sage-femme, une arrive, puis une autre. Auscultation : dilatation complète. Je vois le mot « péridurale » s’effacer de son visage.

Il est quasiment là. La sage-femme me propose de le sortir…

J’ai vécu un accouchement sans complication, dans le calme, quelque chose de magique. Nous avons passé de longues minutes (et surtout de fortes contractions), tous les deux, notre bébé sur le point d’arriver.

Calme, toujours calme, agissant comme un coach. Me voilà, le voilà, je le sors. La tête, le quart de tour, les épaules… Il est là. Le voilà posé sur Madame. Bon Dieu, je n’y crois pas, c’est fascinant.

Un travail rapide, même pas eu le temps de penser que j’étais fatigué, il paraît que c’est normal… Les gâteaux dans le sac ? Même pas ouverts… La douleur sur mon bras ? Même pas eu le temps de la sentir… 

Le temps est passé vite et si lentement à la fois. C’est comme un film, tout s’enchaîne, avec des plans plus longs, comme sur la courbe du monitoring en fait. C’est ça un accouchement ? C’est beau. Finalement c’est pas tout à fait comme à la télé : Pas de larme, mais tellement d’émotions. J’ai vécu le moment, je ne me suis pas contenté de le regarder. C’était ma femme, mon bébé. Une sensation nouvelle et inconnue. Je suis PAPA

Tchoup


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