Un soir parmi tant d'autres, il est 22h00 nous ne l'attendons plus vraiment. Pourtant ce soir nous allons retourner faire un énième monitoring à la maternité. Deux heures plus tard rien à signaler " vous pouvez rentrer chez vous, ce n'est pas pour aujourd'hui " nous lance une infirmière. Et pourtant... Alors que je profitais de mes quelques dernières nuits de repos (oui avant j'étais crédule je prenais pour argent comptant ce que le personnel médical me disait) j'ai été extirpé de mon sommeil. Un sentiment de joie et de panique m'envahi à ce moment mais je ne perd pas pied, bien au contraire je les jette dans mon jeans ! Tout étant prêt en bas nous voilà donc de nouveau en direction de la maternité il est 4h00.
De nouveau monito, je trouve le temps long et ma femme commence à souffrir, au fond de moi je sais que je ne reverrai pas mon lit de si tôt. Je vous passe les détails des couloirs désertiques qui me laissent penser que je suis seul au monde et que tout fou le camp. Pas le temps de se relâcher, c'est à ce moment précis que les hostilités commencent !! 7h00, changement de salle, le travail a commencé. Je me sens déconnecté à force de passer pour un con (étant investi j'ai des questions plein la tête). 13h00, à partir de cet instant votre femme fera en sorte que vous accédiez à toutes ses demandes, sachez-le... Et c'est à peu près là que vous devez écouter les recommandations de la sage-femme, même si les minutes paraissent des heures et les heures des journées. La chose dont elle a réellement besoin c'est de vous à ses côtés car si vous multipliez par 100 000 votre crainte de l'inconnu vous obtiendrez grossièrement ce qu'elle ressent. Ne pas faiblir devant le manque d'intérêt porté par les sage-femmes à votre égard en tant que papa, elles ne sont pas là pour vous.
Après quatorze heures de travail dont les détails restent personnels (vous le comprendrez) allez, je vous dis quand même que j'ai bien cru perdre ma belle maman à plusieurs reprises dans le couloir ! 17h13, bébé pointe le bout de ses cheveux, le temps défile contrairement à la matinée et moi je suis totalement spectateur de la situation bien qu'ayant un peu mal au bras tellement ma moitié me le sert ! A peine le temps de savourer ce moment que notre petit petit coeur part en néonat. Nous le rejoignons très vite et faisons la connaissance d'une personne qui va à jamais marquer notre existence. Avant de vous expliquez pourquoi, il faut que vous notiez que c'est votre enfant, que vous êtes ses parents et qu'aucune décision ne peut être prise sans vous, imposez-vous ! Revenons à notre petit crabe, donc nous retrouvons bébé connecté de partout (certainement la génération 2.0 dont il était question dans mon premier article) et cette fameuse personne qui dresse un bilan qui fait froid dans le dos pour les néophytes que nous sommes. De nature très optimiste je me dis qu'après ce que la vie m'a donné les choses ne peuvent pas être ainsi, j'y crois au plus profond de moi. (ma femme n'a toujours pas fumé, mon dieu me voilà parti dans des déambulations sans fin entre la néonat et l'entrée de l'hôpital en chaise roulante.) Arrive le moment où l'on me dit que mon bébé étant en néonat, ma femme n'a pas le droit à une chambre en maternité mais dans un élan de bonté comme si j'étais privilégié on accorde à madame uniquement une chambre en gynécologie... Woop woop trop cool !! La colère monte en moi me disant que je suis suffisamment puni mais qu'à cela ne tienne je dormirai sur un fauteuil car il est hors de question de laisser ce joli petit monde seul. Vous me direz certainement que cela coûte très cher, soit mais je ne demande pas un séjour All inclusive avec des menus équilibrés et un room service, juste de pouvoir rester auprès de ma femme qui est dans la détresse la plus totale. Encore une fois imposez-vous, ne laissez pas d'autre choix possible que celui de votre cœur.
Les heures défilent, cela fait maintenant trois jours que bébouille est né et son état (pas si dramatique qu’on nous l’a laissé entendre) s’améliore, je commence un peu à voir le jour. Je profite de cet instant pour rentrer prendre une douche, me vider la tête et trouver à la maison un silence presque malsain à la limite de la culpabilité d’avoir pris du temps pour moi. De retour à l’hôpital je me retrouve face à un chaos des plus total ! Ma femme non encline à se laisser marcher dessus par les infirmières de gynéco s’est faite virer du service et la voilà devant l’entrée avec un grand sourire et ses valises ! Le duo mère fille a encore frappé ! Quatrième jour, le pédiatre nous informe que l’état de bébé ne nécessite plus de suivi et qu’il est favorable à sa sortie. Mais… Parce que même à cet instant de joie il y a un Mais, remontez quelques lignes plus haut où je parle de cette personne qui a marqué notre existence à jamais… Parce qu’après 5 nuits sans dormir quand Elle nous attend pour donner le bain de bébé nous arrivons légèrement en retard… Parce qu’Elle décide de repousser la sortie de notre bébouille au lendemain pour une futile histoire de bain… Alors cumulé à un bilan catastrophique dressé à l'admission de bébé en néonat et sa condescendance chronique voilà pourquoi il y a un Mais.
L’article se termine pour celles et ceux qui commencent déjà à avoir mal aux yeux par le cinquième jour. Après « le bain », nous rentrons enfin avec notre trésor à la maison pour continuer notre marathon sans sommeil qui va encore durer une quinzaine de jour. Bah oui nous ne le savons pas encore mais il va falloir que ce petit s’habitue à une maison calme sans tous ces bruits d’hôpital et ces passages incessants.
Pour conclure je tiens quand même à préciser que je ne jette pas les hôpitaux en pâture, après en avoir discuté avec mon binôme d’écriture pendant des heures lundi soir, je peux en conclure à titre personnel que les hôpitaux s’adaptent en fonction des secteurs dans lesquels ils évoluent. Dans cinq jours mon fils aura 1an, il dit maman et papa, marchera dans très peu de temps et va sortir sa dixième dent !! Ma présence de papa m’a semblé essentielle pendant ces quelques jours de dérive psychologique et physique et pour rien au monde je ne changerai quoi que ce soit si c’était à refaire ! Enfin si, peut être que je ne laisserai plus ma femme seule avec sa maman !!
@damCmoi

J'adore... Tu as parfaitement résumé ces beaux et difficiles instants <3
RépondreSupprimerMagnifique !
RépondreSupprimerSuperbe récit, et bonne idée ce blog !
RépondreSupprimerSinon, oui, il ne faut pas croire que les hôpitaux sont tous les mêmes...je pense que cela dépend des régions aussi (hein, faut pas habiter en région parisienne pour une prise en charge sympathique ;) )
Récit mangnifique. Merci de nous faire vir avec vos yeux ce moment si merveilleux.
RépondreSupprimerContinuez!!
Superbe article. je compatis tellement. il y a 2 mois j'ai accouché, c'est ce moment qu'a choisi le papa pour partir et 3 semaines de neonat et soin intensifs pour bébé à 1h de mon logement. comme tu dis "woop woop" ^^ Le principal dans ton histoire comme dans la mienne, c'est que tout rentre dans l'ordre finalement.
RépondreSupprimercontinuez votre blog il est vraiment super !!