Pour ceux qui voudraient plus de détails, en voici un peu...
5h30 :
Réveil. Madame me dit « Contraction ». C’est vrai ? C’est
aujourd’hui ?
Bain pour
Madame, Spasfon, Appel à la maternité…
Punaise, je
ne peux pas m’empêcher de regarder son ventre.
Je suis
calme. J’en étonnerais plus d’un qui me traitent de « foufou ».
S’en suivent
un écoulement logique des choses : voiture, valise, maternité, accueil,
monitoring. Il est bientôt là. Mon fils.
9h30 :
Avez-vous déjà marché pendant 1 heure à côté d’une femme qui contracte toutes
les 3 minutes ? Elle m’a broyé le bras dis-donc.
11h :
Perte des eaux. J’ai vu ça en direct live. Un jet d’eau. Toujours calme. Je me
transforme en coach sportif. Il faut qu’elle souffle, qu’elle me regarde. Elle
part souvent dans un autre monde. J’applique consciencieusement tout ce que
nous avons appris aux cours de préparation à l’accouchement (eh oui j’ai
assisté à chacun d’entre eux) : massage, ballon.
12h :
Elle a droit de prendre un bain… Un bain ! Oh la, elle souffre de plus en
plus, je le sens je la vois, elle a mal. Elle pense péridurale si fort que c’est
écrit sur son visage. Et moi je suis toujours fasciné par son ventre : ces
vagues, cette force, c’est dur comme de la pierre lorsque j’appuie dessus.
La voilà dans
le bain. Elle me dit que quelque chose arrive, oh la, déjà ? J’appelle la
sage-femme, une arrive, puis une autre. Auscultation : dilatation complète.
Je vois le mot « péridurale » s’effacer de son visage.
Il est
quasiment là. La sage-femme me propose de le sortir…
J’ai vécu un
accouchement sans complication, dans le calme, quelque chose de magique. Nous
avons passé de longues minutes (et surtout de fortes contractions), tous les
deux, notre bébé sur le point d’arriver.
Calme,
toujours calme, agissant comme un coach. Me voilà, le voilà, je le sors. La
tête, le quart de tour, les épaules… Il est là. Le voilà posé sur Madame. Bon
Dieu, je n’y crois pas, c’est fascinant.
Un travail
rapide, même pas eu le temps de penser que j’étais fatigué, il paraît que c’est
normal… Les gâteaux dans le sac ? Même pas ouverts… La douleur sur mon
bras ? Même pas eu le temps de la sentir…
Le temps est
passé vite et si lentement à la fois. C’est comme un film, tout s’enchaîne,
avec des plans plus longs, comme sur la courbe du monitoring en fait. C’est ça un accouchement ? C’est beau. Finalement
c’est pas tout à fait comme à la télé : Pas de larme, mais tellement d’émotions.
J’ai vécu le moment, je ne me suis pas contenté de le regarder. C’était ma
femme, mon bébé. Une sensation nouvelle et inconnue. Je suis PAPA.
Tchoup
Tchoup


